Blog

Qui sont les nouveaux arrivants en Corse ?

Le dernier recensement publié par l'Insee cette semaine a confirmé une tendance impulsée depuis plusieurs années, à savoir une augmentation de la population quasi exclusivement liée à l'arrivée de nouveaux résidents.

Avec 338 550 habitants recensés en 2018, la population insulaire a augmenté, en moyenne, de 1,1 % par an depuis le recensement de 2013, soit +5,7 % en cinq ans.
Les communautés d'agglomération ajaccienne et bastiaise concentrent à elles deux 58 % de ces nouveaux arrivants.
"L'essentiel des nouveaux arrivants est constitué de jeunes actifs, entre 25 et 40 ans, avec enfants, détaille Antonin Bretel, statisticien à l'Insee, qui s'installent en majorité autour des villes. Il existe un phénomène de périurbanisation qui s'explique, en partie, par une plus grande accessibilité du foncier, ce qui est le cas, par exemple, de Marana Golo."

Avec un solde naturel (nombre de naissances/nombre de décès) négatif, cette croissance de la population est donc à attribuer aux migrations venues de France continentale et de l'étranger. Seuls trois EPCI affichent un solde naturel positif : Marana-Golo, avec 0,5 % de l'augmentation due au solde naturel, Sud Corse, 0,4 %, et Calvi Balagne avec 0,3 %.

De jeunes actifs avec des enfants.

La courbe remonte ensuite entre 25 et 40 ans, ce qui correspond aux actifs tous secteurs confondus, que ce soit des personnes venues pourvoir un emploi à l'année, ou des saisonniers ayant décidé de se sédentariser dans l'île.
Ces deux facteurs se retrouvent dans l'intercommunalité de Calvi-Balagne, qui conjugue une économie essentiellement touristique, donc saisonnière, et la présence de la légion étrangère, pourvoyeuse de nouveaux arrivants.
Par ailleurs, on constate un léger effet "sun belt" avec des arrivées qui augmentent sensiblement autour de 60 ans, soit l'âge de départ en retraite, avant de chuter pour les classes d'âge supérieures.

Mais ce solde migratoire est obtenu en mettant en perspectives arrivées et départs. Si depuis toujours, l'île est en proie à la grande précarité, les départs induits par cette dernière, qui ont vidé la Corse d'une grande part de ses forces vives après guerre et pendant les trente glorieuses, ne sont plus d'actualité : "On constate aujourd'hui deux fois plus d'arrivées que de départs. Ces arrivées sont en majorité conditionnées par l'emploi, lequel est en hausse depuis de nombreuses années" poursuit le statisticien.
Aujourd'hui, 22 % des personnes nées dans l'île vivent à l'extérieur de la Corse, une part inférieure à la moyenne des régions (25 %).
En effet, depuis 1990, le nombre d'emplois en Corse a augmenté de 55 %, alors que cette hausse n'est que de 21 % en France continentale (Insee, 30 novembre 2020).

C'est donc l'emploi qui attire les actifs, et non l'arrivée d'actifs qui phagocyte l'emploi des résidents : "On constate que les gens arrivent parce qu'ils viennent pourvoir un emploi. Ils ne déménagent pas s'ils n'ont pas d'emploi", analyse Antonin Bretel.

En savoir plus  ici (article intégral)

Extrait du site : Corsematin.com